La frontière est fine entre l’aide et la prise en charge d’un problème qui ne nous appartient pas.

Qui n’a jamais désiré aider une personne qui lui était chère ? Et qui ne s’est jamais pris les pieds dans le tapis à l’heure où la solution paraissait évidente mais qu’elle ne résonnait pas dans le coeur de la personne aidée ? Combien de temps et d’énergie fournies pour, parfois, accoucher d’une souris ?

Gérer un problème qui ne nous appartient pas directement n’est pas aussi évident qu’il n’y parait !

Beaucoup de raisons secondaires nous amènent au désir d’aider l’autre. Ces raisons font bien souvent écho à nos blessures d’âme personnelles les plus profondes qui viennent résonner en nos coeurs en faisant battre le clairon de nos valeurs les plus nobles :

  • Le désir de justice
  • Le respect et l’amour
  • L’égalité entre ce qu’une personne donne et ce qu’elle reçoit
  • La reconnaissance, etc.

C’est en résonance à nos propres blessures que l’on va parfois se mettre à croire que l’autre a besoin d’aide (dans notre traduction = besoin de nous), là où parfois « l’autre » a surtout besoin qu’on l’écoute et qu’on lui fasse simplement confiance ou qu’on l’aide à croire en elle-lui pour renforcer l’estime de soi que les évènements de la vie lui ont progressivement retirés.

Mais voilà, nous on ne supporte pas de ne pas intervenir ! Ca nous renvoie à un sentiment d’impuissance. Et ça, on n’aime pas !

On veut « rendre justice », « contrôler la situation », on désire tellement aider qu’on en vient à franchir la frontière qui nous amène à vouloir « intervenir à la place de l’autre »… autrement dit se substituer à son pouvoir d’agir sur sa vie. Et progressivement on construit le contraire de ce que l’on voulait. Tant et si bien qu’à la fin, on se met la rate au court-bouillon car l’autre ne fait pas du tout ce qu’on lui a conseillé. Et pour cause ! Ce n’est pas votre problème, c’est le sien. Autrement dit, vous n’êtes pas la solution, c’est lui/elle qui possède en son for(t) intérieur Sa solution. Celle qui est bonne pour lui/elle.

Voilà pourquoi souvent, ça ne marche pas

Nous avons sans doute besoin de comprendre que, si une demande claire n’est pas faite par la personne que l’on souhaite aider, les sentiments d’impuissance, de vouloir changer les choses etc… que l’on ressent sont alors que les nôtres ! Pas ceux de « l’autre ». Alors souvent, cela ne marche pas simplement parce qu’il est totalement vain de croire qu’on va résoudre le problème de quelqu’un en le prenant sur notre dos. Les personnes qui souffrent de mal de dos savent sans doute de quoi je parle ! Pourquoi ? Parce que nous sommes tous logé-e-s à la même enseigne. Personne ne peut être responsable de notre vie à notre place. Aussi, un problème ne peut être résolu, que si… et seulement si… la personne concernée en a envie… dans sa conscience pure alors que son inconscient embarque et construit ses résistances.

90% de ce qui tourne en boucle dans notre tête est secondaire… empêchant que l’essentiel, l’essence de notre vie soit réalisée

La vie nous a été offerte pour nous occuper de nous en priorité ! Pas des autres. Je sais, ceci va à l’encontre de tous les dogmes et conditionnements qui nous ont été transmis dès notre naissance… Et pourtant. Seules les personnes qui savent s’occuper d’elles-mêmes et qui acceptent de se considérer comme leur « priorité » dans la vie peuvent véritablement aider les autres. Ce qui est notre chemin d’âme, notre destinée.

Ce chemin est un véritable chemin d’éveil de la conscience que la vie nous invite à suivre, là où trop de dogmes, de morales et de textes s’érigent pour nous permettre de l’éviter nous menaçant du saut de la culpabilité. Permettant ainsi à quelques institutions toutes puissantes la seule possibilité de maintenir le pouvoir sur les gens plutôt que de contribuer à leur liberté d’être et d’agir.

Alors OUI, pour respecter les lois qui régissent la vie, nous devons être ou devenir notre priorité. Seulement dans ces conditions nous pourrons être véritablement « utiles », et exempt de toute volonté de pouvoir sur les autres, autrement dit dans la vérité vis-à-vis de nous-même et des autres.

Quand nous arrivons à prendre cette place, celle qui nous a été confiée, cela nous procure alors la joie, le bonheur et la paix du coeur de savoir que nous avons aidé pour la simple raison d’avoir désiré grandir et contribuer à faire grandir les autres. Le désir d’intervenir à la place de l’autre est guidé par l’égo. Offrir sa présence au côté de l’autre sans chercher à « vouloir » qu’il fasse ce qu’on lui conseille est guidé par le coeur. Cette qualité d’être comprend en elle-même la promesse d’accueillir la vie comme elle est à l’origine : être et agir guidé par le coeur, dans le moment présent et en toute sérénité.