Quel lien fais-tu entre la politique et l’image ?

Disons tout d’abord que je suis un peu « tombée dans la marmite » politique dès mon plus jeune âge ! Ensuite, j’ai toujours eu le sentiment qu’il me faudrait inventer mon propre métier ! Quand j’ai eu l’opportunité de vivre mes premières expériences et ma première campagne électorale, j’ai alors pris conscience à quel point je n’étais en fait pas seule à ressentir et vouloir combattre toutes les formes d’injustice. Que j’appréciais ou pas individuellement les élus avec lesquels je travaillais, il y avait une magie du combat quand le collectif se mettait en scène pour défendre des valeurs qui m’étaient chères et qui œuvraient pour le bien-être de l’humanité. Ou du moins, tentaient de le faire.

Il y avait une magie du combat quand le collectif se mettait en scène pour défendre des valeurs qui m’étaient chères et qui œuvraient pour le bien-être de l’humanité.

La distance entre l’importance de l’action collective que menait, sur le terrain, les élus pour lesquels j’avais la chance de travailler et ce qu’en disait la plupart du temps les médias ou ce qu’en pensait l’opinion publique m’interpellait.

Pourquoi ce fossé ? Comment était-il possible de voir se creuser un écart aussi grand entre des mondes qui devraient logiquement œuvrer dans le même sens, celui de l’intérêt collectif ?

Je m’apercevais de la force du pouvoir médiatique, et, in fine, la force de l’image publique.

En observant ce qui se passait dans « l’hémicycle », je prenais conscience du rôle majeur que jouaient ces hommes et ces femmes d’engagement et de conviction. Et en même temps, je voyais bien, comme nous tous, qu’il y avait comme une force plus grande : celle de l’image publique, celle des coups médiatiques, celle de l’opinion qui arrivait, d’une manière ou d’une autre, à détruire ou déformer la réalité.

C’est à ce moment-là que les recherches universitaires que je menais parallèlement à mon travail de collaboratrice au sein d’un Cabinet de Président de Région (recherches qui portaient sur l’analyse des processus de construction de l’image publique) ont pris tout leur sens. J’ai alors décidé de mettre cette expertise au service de celles et ceux qui ont le courage de s’engager.

J’ai toujours eu comme un sentiment « d’urgence » et que l’on pouvait faire quelque chose. Que la dé-crédibilisation des responsables politiques et économiques n’était pas une fatalité.

Pourquoi avais-je ce sentiment que la place que la société donnerait à l’image publique allait venir bouleverser les règles de fonctionnement connues du politique dans son ensemble et le sens des décisions politiques en termes d’action ?

« Urgence » à cause du poids que l’image publique était en train de prendre dans la construction de l’opinion publique. Pourquoi avais-je ce sentiment que la place que la société donnerait à l’image publique allait venir bouleverser les règles de fonctionnement connues du politique dans son ensemble et le sens des décisions politiques en termes d’action ? Autrement dit, les postulats de base de la démocratie allaient être, à mon sens, bousculés.

Le regard que je portais sur l’évolution de la place de l’image publique était qu’elle allait changer le rapport des citoyens aux responsables politique, changer la manière dont leur perception de la réalité se construisait, et, in fine, changer les cheminements conduisant aux décisions (actions politiques et vote).

Elle allait, par la même occasion, changer le rapport du politique à la communication et aux médias.