Sur le fil… Le mal-à-être de nos responsables politiques

L’exemple de François Fillon, Marine Lepen et Emmanuel Macron

Difficile d’oublier les élections 2017 ! Nous avons été invités à voter pour le moins pires des « mal-à-être » de nos responsables politiques.

Le passage de la pauvreté de la pensée politique – qui n’a pas été la “grande” découverte de ces élections – à une forme d’indécence du comportement en politique, a fait se déplacer le centre de gravité de nos références pour opérer dans nos choix.

A une époque, nos positionnements politiques prenaient leur source dans de ce en quoi nous croyions : notre idéologie, nos valeurs, nos rêves et espoirs, notre rapport à l’argent, notre vision du monde etc.

En 2017 on a été exposé à quelque chose de nouveau. En cela je nous trouve un peu sévères quand on dit que le monde politique n’innove pas.

Le spectacle politique, dont le 1er prix pour la mise en scène revient à nouveau en cette année 2017 à ce que l’on nomme “les médias” – sans ainsi pouvoir les nommer (quel talent !) nous a invité à nous orienter autrement. En fait, tout s’est passé de telle manière que nous n’avons pas eu d’autres choix que de nous orienter vers le “mal-à-être” de celui/celle en qui nous nous reconnaissions le mieux.

Alors OUI, là je dis que la politique peut tous nous aider à mieux nous connaître. Prenez juste un instant pour vous rappeler pour qui vous avez voté et regardez si ça fait du sens par rapport à votre propre vie. Quel a été votre « mal-à-être » préféré ?! Celui auquel vous avez été le/la plus sensible.

Farandole d’expression du mal-être de nos leaders en guise de candidats. Ce phénomène reste nouveau et à mon sens encore peu exploré. Et ce qui ne rassure pas forcément c’est que nous ne sommes pas seuls ! Les Etats-Unis ont aussi leur “mal-à-être » en guise de Président”. Et pour être totalement honnête, en regardant l’histoire se faire par ce prisme, il serait injuste de nier le fait que Trump est le meilleur actuellement.

Corrélativement, un autre grand mouvement influence aujourd’hui ce qu’il se joue dans le monde politico-médiatique pour les électeurs : The Voice et la téléréalité. En fait tout est lié.

Bien évidemment tout cela est encore plutôt du côté inconscient dans la tête de beaucoup d’entre nous. La seule chose perceptible pour nous autres citoyens/électeurs, c’est qu’on a ressenti comme une grande gêne, une indétermination lors de cette élection. C’était compliqué. Mais pour quoi et pour qui voter ?

En attendant, l’évolution vers la peopolisation des personnalités politiques, associée au phénomène de rupture avec la possibilité des candidats à nous faire rêver un monde meilleur ont conduit à l’émergence de d’une sorte de nouveau phénomène, somme toute surprenant, dans les comportements de vote : nous adhérons, par défaut la plupart du temps, à une personnalité dont les comportements et savoirs-être nous apparaissent comme les moins pire ou les plus acceptables.

La volonté de “toute puissance” qui unit tous les candidats s’est déclinée par des symptômes singuliers à chacun d’entre eux. Je ne retiendrais que 3 exemples ici. Je vous laisserais compléter.

  • François Fillon, qui n’a pas démérité je vous l’assure. Il a même été très performant il faut le reconnaitre. Rendons “à César ce qui est à César”. Toutefois, ces efforts n’ont pas été suffisants même si il y a vraiment mis du sien en voulant être l’effigie de ceux qui entretiennent une belle capacité de se re-nier (s’extraire de son être profond) pour paraître. Les symptômes principaux sont le mensonge et la trahison : je ne fais rien de ce que je dis, et je nie la réalité.

Alléluia, pour ceux qui suivent encore mon raisonnement (!), l’issue est donc extrêmement favorable : nous n’en sommes pas encore là collectivement en France. Ouf.

  • Marine Lepen se situe elle dans le droit fil de la téléréalité : “ma vie est pourrie à cause des autres”. Les symptômes majeurs sont la peur, le rejet de l’autre, la déresponsabilisation quasi totale de sa responsabilité dans la vie et plus grave, de celles de nos actions.

Ici je dirais que la tendance collective française est mal en point. Mais ça résiste. Ouf.

  • Quant à Emmanuel Macron, il a suivi l’inspiration “The Voice”… Et moi personnellement, qui n’ai rien d’un être parfait, ben j’adooooore The Voice ! On est totalement inconnu(e) au bataillon, seul(e) au milieu de la scène… tout le monde nous regarde comme si on était déjà une star… et on y va. On y croit. On chante faux, on chante juste, peu importe. L’important c’est le courage d’y être. C’est un peu dans la lignée d’Obama avec son “Yes we can”. Ca donne de l’espoir. Et l’espoir, et bien on en a besoin car cela vient au moins nourrir une dimension importante qui raisonne en chacun de nous. Une dimension d’ordre humain.

Macron est devenu “l’élu” des “inconnus”… L’espoir de nous autres qui rêvons d’une grande destinée. Les symptômes ici sont la volonté de plaire à tout le monde, la peur de ne pas être aimé, une tendance à la manipulation grâce à une équipe performante, et la recherche de fusion avec l’autre. Ca donne le fait d’être dans l’ouverture à tout et d’accord avec tout… Et dans tout cela on ne peut pas le nier, il a ce quelque chose d’inexplicable… qui donne envie de voter « pour voir » comme le disent si bien les coachs de The Voice.

La suite vous la connaissez ! Alors voyons maintenant, en attendant des leaders qui puissent éventuellement évoluer vers la possibilité de vivre leur parole plutôt que de la donner.